L’Eloge de la Folie (ère nucléaire)

Jeu satirique lyrique et chorégraphique d’après Erasme

Pour orchestre, corps de ballet et trois voix

Livret d’H. Devillez (1965)

Texte nouveau de Daniel Mesguich (à paraître en 2014)

 

Composé en 1964-1965, L’Eloge de la Folie (ère nucléaire) est l’ultime œuvre d’Henri Tomasi pour le théâtre. Il y exprime son sentiment d’absurde et de révolte devant une histoire humaine qu’il qualifie de « chronique désespérante ». Et c’est par une danse macabre qu’il clôt cet adieu aussi bref (35-40 minutes) que percutant. « Finita la commedia ! », s’exclamait-il alors dans de nombreuses lettres et même, en écho, dans son testament.

« Dans L’Eloge, j’ai parodié certains de mes personnages et thèmes antérieurs ! C’est un jeu de massacre qui s’achève sur un crescendo orchestral et vocal poussé au paroxysme durant exactement cinq minutes : bruitages, sifflets, martèlements de chaînes et d’enclume, vociférations de la Sagesse traquée et mise à mort par les fous. C’est un divertissement, mais visant à provoquer un malaise, une prise de conscience.»

Bien qu’il ait précisé que cet « acte lyrique et symphonique pouvait être exécuté aussi bien en concert qu’au théâtre », la forme est celle d’un spectacle total mettant en scène du début à la fin trois chanteurs et un corps de ballet.

Commandée par l’ORTF en 1965, l’ouvrage fut créé et enregistré à la Maison de la Radio à Paris les 15 et 16 décembre 1966. Tony Aubin y dirigeait l’Orchestre Philharmonique avec les solistes suivants : Jean Giraudeau (Erasme), Christiane Edda-Pierre (La Folie), Clara Neumann (La Sagesse). Le 24 novembre 1968, l’Orchestre Radio Symphonique de Strasbourg le donnait en concert public enregistré sous la direction de Roger Albin, avec Gérard Friedmann, Jacqueline Brumaire, Berthe Kal. Un troisième enregistrement eut lieu à la Maison de la Radio à Paris le 25 novembre 1971 lors d’un concert public en hommage au compositeur décédé le 13 janvier 1971. L’Orchestre lyrique et les solistes – Bernard Plantey, Annick Simon, Geneviève Macaux – étaient dirigés par Pierre-Michel Le Conte.

En 1988, c’est David Robertson qui le dirigea à Marseille, au Théâtre du Merlan, toujours en concert cependant, avec l’Orchestre Philharmonique de l’Opéra, et les chanteurs Christian Jean, Joëlle Michelini, Hélène Jossoud.

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